Autoconstruction, BBC, Matériaux traditionnels
12 Février 2013
Ce texte complet et donc rébarbatif vous aidera sans doute à comprendre comment et pourquoi, je me suis accroché à cette maison. Bonne lecture.
Nous sommes en août 2005, un soir d'été comme un autre, dumoins normalement... un samedi soir de concert des Fatals Picards du coté de Breteuil sur Iton, un soir comme un autre...
A cette période j'enseignais en BTS, vers Dieppe, mais... je n'étais déjà pas top dans la tete et pas bien dans mon apparte, petit, dans le coin d'Elbeuf.
Départ de l'apparte entre potes vers 17h, ambiance gaie et chaude, prets pour cette petite soirée, un gars traine dans la rue, je le vois, je repasse, je ne le vois plus, on accumule parfois dans le cerveau de nombreuses choses inutiles sans plus y faire attention.
La soirée débute sur place, ça commence bien Laurent guitariste des Fatals lit allongé dans l'herbe, on discute le bout de gras, ça me change bien les idées, même si parfois, une bonne ambiance peut avoir du mal à nous faire oublier les soucis. 20h coup de téléphone de ma mère, prévenue par mes voisins, incendie dans l'appartement, désormais grand ouvert, couette et compagnie sur le bord de la fenetre dans la rue, les voisins sont semble t il intervenu à temps, je rentre en urgence, je pete un cable.
Ce type dans la rue, c'est lui le coupable... marre de la ville, rentré, j'invective violemment mon voisin d'en face, le policier, il en a pris plein la gueule, j'ai toujours eu le sentiment d'etre harcelé par ces gens, ça, je pouvais pas le laisser passer.
1h00 du mat', je mene l'enquete, je cherche mon coupable, j'ai tourné le bouton, je ne le laisserait pas passer, je le trouve, je le tue, j'ai tourné le bouton, ça ne sera pas une soirée comme les autres. 10h00 du mat' le lendemain matin au commissariat avec ma mère, je dis "ce soir vous l'avez mort ou vif". je continue je traverse la ville maintes et maintes fois une barre de fer dans le sac à dos, les yeux exhorbités, et certainement pas l'allure de quelqu'un de sain d'esprit. 19h00, n'ayant rien avalé depuis la veille au midi, je m'arrete au kebab, et qui vois-je? LUI! la clé dans la serrure de la voiture, le kebab sur le toit de celle-ci, je lache tout pour lui courir après, coup de coude dans les cervicales, il se retourne, je lui bourre la gueule ; "on m'a cambriolé, ya eu le feu chez moi, explique moi?"... Le souvenir de la suite est encore confus, il m'a rendu mes affaires, il est drogué parano et cleptomane, j'ai tambouriné au rideau de fer du commisariat, je leur ai livré, il m'ont convoqué le lendemain, il ne s'est rien passé, mais ils n'ont pas dû apprécier le fait que je les engueule en leur demandant s'ils trouvaient normal que les civils fassent le boulot à leur place alors que c'est nous qui les payons.
S'en est suivi une longue, et lente, descente en enfer, je ne vivais plus qu'entre médicaments alcool, absence de sommeil puis excès de sommeil quelquepart entre le canapé et l'ordinateur, ça sent le cramé dans l'apparte, je n'en peux plus de la ville.
Janvier suivant, ma mère me pousse depuis quelques temps pour que j'achete quelquechose, je n'ai pas trop la tete à ça, puis tout s'est fait très vite, je ne travaillais plus qu'en intérim, je ne voulais ni n'attendais plus rien, tout en sachant au fond de moi qu'il fallait opérer un changement. Premier changement, j'étais passé de prof à échaffaudeur...
Mars : Maison pas chère, dans un endroit que je connais, allé hop on s'engage. j'ai réellement survolé cette période, je n'étais pas dans mon état normal avec les médicaments. Emprunt accepté sur une erreur de la banque, je débarque donc dans mon taudis sans eau ni électricité, je vis pendant quelques mois dans mon camion récemment acheté après avoir rendu mon appartement, je vivais sur un parking près de ma boite, où je prenais ma douche, les soirées s'écoulaient paisiblement dans un cyber où je retrouvais quelques amis et du réconfort, les médicaments finirent dans la poubelle, j'ai cru crever pendant la semaine de sevrage, effectuée, naturellement sans l'accord du medecin. Je n'ai plus de téléphone, puisque je n'avais qu'un fixe...
Je me reconstruis
Juillet : J'achete une caravane, toujours pas d'électricité, je m'occupe des clotures, arracher quelques arbres, tout ce que je peux faire sans matos et sans élec, mais l'eau est là.
EDF... de quoi écrire un roman : 1 rendez vous par mois pendant 6 mois, je ne fus relié au réseau que vers novembre, après avoir cassé la glace du bac dans lequel je me lavais et avoir poussé une grosse gueulante chez ses incapables, je n'ai dû mon salut qu'à Cathy une amie de l'époque qui y travaillait et qui a sû faire pression aux bons endroits... qu'elle en soit ici une ènième fois remerciée! mais laissé moi vous conter rapidement ces 6 rendez vous...
premier : "ah bah on a pas de nacelle, nous... vous comprenez on travaille pas à l'échelle c'est trop dangereux..."
second : personne...
troisième : je suis dans le grenier avec un oeil sur la barrière, le camion arrive à l'heure, mais ne fait que passer : demi tour devant la barrière, puis pouf, disparu...
quatrième : personne... EDF Etablissement Des Fantômes
cinquième : rendez vous à 13h30, je quitte le travail à midi, arrive à 13h00 chez moi, retrouve dans la boite à lettre un billet avec une facture de 14€60 m'expliquant que j'étais absent à... 13h30... je ne sais plus quoi dire...
sixième : alléluia...
Nous sommes fin novembre 2006, je ne casse plus la glace pour me laver, je ne lis plus avec ma lampe tempête... ma perceuse peut marcher...
C'est ainsi que ce petit batiment ne ressemblant à rien deviendra une petite maison de 40m², je me rencarde sans plus, je débute quelques travaux, la réfection de la façade débutera en février 2007, je vais même peut etre songer à ravoir le téléphone, c'est plus pratique quand on cherche du travail.