Autoconstruction, BBC, Matériaux traditionnels
11 Novembre 2014
Il fallu un mois pour préparer doucement, posément, le chantier d'une journée : Le torchis le 24 septembre 2011. Le plus fameux problème rencontré a été de trouver la terre. Plusieurs idées avaient été émises avant de s'attaquer à ce chantier. L'idée de base fut de faire venir du torchis tout fait, mais au nombre que nous promettions d’être (40 personnes) si il n'y a que l'application, la journée risquerait d’être finie à midi... l'obstacle aussi, était le transport, des big-bags de torchis, il en fallait 4, les fournisseurs sont au plus près à 35km au plus loin à 60, Il ne se voyait pas faire ces multiples voyages, enfin le cout, à 200 euros le big-bag, ça posait un problème... Finalement, décision fut prise de faire nous même le torchis, mais avec quelle terre?
Si il parait invraisemblable de ne pas trouver de terre, en trouver pour du torchis, est plus compliqué : on n'en trouve pas partout! Précisément sur notre parcelle, nous ne disposons pas de ces précieux loess, limons argileux légers apportés par le vent au pliocène... Ces limons ne sont pas si loin de nous, mais il faut, en plus trouver un chantier, ou un lieu, où il en est stocké, remué, ou extrait... c'est au bout de 4 heures de voiture et des prises de renseignements de droite et de gauche, en rayonnant autour de la maison en décrivant des cercles concentriques, qu'Il finit par trouver des centaines de mètres cubes de loess bien collants dans une ferme à 6 km de la maison. L'ironie veut que ces tas de terre proviennent du chantier, il y a quelques années de l'autoroute A28, si cette autoroute ne sert pas ces usagers, puisqu'ils y sont quasiment inexistants, elle aura au moins servis à clore notre maison!
Après quelques essais à blanc, une fois tous les ingrédients sur place, il semble réalisable, à l'effectif prévu, d'effectuer malaxage et application en une seule journée! Mais tout ceci se fera au prix d'un consciencieux aménagement de chaque poste de travail, la maison sera divisée en 10 postes où chacun d'eux aura son seau d'eau, ses truelles et taloches, voire, son échafaudage sécurisé!
Vue en fin de journée de ce qu'il reste des postes de travail : l'échafaudage, les seaux fabriqués pour la plupart dans des bidons de pétrole lampant avec des vis et des vieux bouts de sangles, les outils doivent tremper dedans...
Le jour dit, tout le monde fut au rendez vous, si le malaxage prévu initialement dans un abreuvoir récupéré était très difficile, l'expérience collective qui vaut mieux que des essais individuels, a vite abouti sur un malaxage dans des bâches agricoles, qui facilitent le retournement et le maintient ou la suppression en mouillage du mélange.
Une fois le rythme pris tout le monde tartine joyeusement les murs tout autour de la maison, avec pour consigne, après avoir bien lissé la terre, d'y faire de jolis mais néanmoins éphémères dessins, destinés à constituer une accroche pour l'enduit qui viendra après...
Après ces émotions terreuses il fallu une belle table pour continuer de plus belle, l'alcool se doit de n'etre pas trop présent si l'on veut maintenir les troupes en forme pour l'après midi!
Il ne resta plus que 2 ou 3 heures de travail avant la fin, ce qui a pu laisser libre cours aux artistes les plus chevronnés quant aux dessins divers et variés placardés sur les murs...
Ça et là une pieuvre, des entrelacs celtes, une abeille, des signes pseudo tribaux, ou d'autres signe pseudos tribaux normands, consistant, le plus simplement du monde à des séries de croisillons formant losanges avec un point au milieu de chacun d'eux... Enfin l'une des surfaces fut consacrée à l'écriture de tous les prénoms des participants, et pardon à ceux qui auraient pu être oubliés...
Enfin, après l'effort, le réconfort, Musique, apéro et feu de joie à la tombée de la nuit, tout le monde a pu se régaler jusqu'au petit matin...